Tenez-vous au courant!

Il y a les courants de marées… très prédictibles mais variables, et les autres, bien plus réguliers, comme on peut voir sur ces deux images de la Nasa.

 Comment les exploiter? Il y a bien sûr les usines marémotrices, comme celle de la Rance, let les « jardins marémoteurs » de François Lempérière (ou dans une version un peu différente les « lagoons » comme le projet de Swansea Bay. Mais voilà qu’arrive une nouvelle révolution, d’ailleurs compatible avec la révolution Lempérière. J’ai nommé la Deep Green Technology de Minesto – une sorte de cerf-volant sous-marin, assez génial.

L’idée de base est qu’il est difficile d’exploiter des courants lents, car l’énergie qu’on peut extraire est proportionnelle au cube de la vitesse du flux qu’on exploite (l’énergie cinétique c’est 1/2mv2, or la masse du flux turbiné est elle-même proportionnelle à la vitesse du flux, donc l’énergie d’un flux est fonction du cube de la vitesse). C’est pourquoi on s’en tient aux zones de plus grands marnages, assez peu nombreuses sur le globe, ou aux zones d’accélération des courants liés à un effet venturi, soit naturel en fonction du relief, soit artificiel comme dans les jardins marémoteurs. Pour obtenir la même énergie sans cette accélération il faudrait une machine bien plus grande donc plus chère.

L’idée est ici à la fois semblable et différente. Pour réduire la dimension et le coût de l’engin, on va utiliser une part de la force du courant pour le faire bouger dans le courant, et le munir d’une turbine bien plus petite, dans laquelle l’eau circulera bien plus vite que dans le courant. C’est un peu comme si on avait en fait une grande turbine virtuelle, avec une turbine matérielle bien plus petite. Comment faire? On le voit ci-dessous: on fait circuler un cerf-volant sous-marin dans le courant, en fait une aile « volante », munie d’une turbine. Le câble qui la retient au fond ramène aussi le courant – électrique cette fois – généré dans la nacelle. Le mouvement en géré automatiquement via l’aileron vertical.

Simple et astucieux, non? Est-ce que ça marché? Ou le milieu marin est-il trop rude pour cette petite machine d’un peu moins d’un mégawatt? Eh bien, nous le saurons bientôt: un essai grandeur nature est en cours en Ecosse, puis une première installation sera bientôt construite à Holyhead, au Pays de Galles, là où l’on prend le ferry pour l’Irlande.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *