En attendant la PPE3…

J’ai mis sur ces graphiques les productions éoliennes et solaires en France en pourcentage de la demande d’électricité. On peut en tirer deux informations:
1. L’éolien et le solaire se complètent au cours de l’année, le soleil produisant peu de novembre à février, au contraire de l’éolien. Un hypothétique stockage inter-saisonnier, amorti 365 fois moins vite qu’un stockage quotidien, n’est pas nécessaire si on équilibre éolien et solaire.
2. De 2023 à 2025 la part du solaire progresse, au contraire de la part de l’éolien (et ce n’est dû qu’en partie aux variations interannuelles de la ressource).

Par ailleurs (ce n’est pas dans le graphe) en hiver, la demande d’électricité grimpe jusqu’à 150% de la demande d’été. Comme dans tous les pays tempérés, nous avons besoin de davantage de kWh éoliens que de kWh solaires (et non, le développement de la clim’ en réaction au réchauffement ne modifiera pas ça de façon notable).
D’où une inquiétude persistante pour la PPE3 désormais imminente. Sébastien Lecornu a déclaré que pour l’éolien terrestre, « la priorité sera donnée à la remotorisation des parcs existants avec des turbines plus puissantes pour éviter le mitage des paysages. » Des turbines plus puissantes, c’est une bonne nouvelle si l’Etat s’engage pour permettre d’installer des machines plus hautes, avec de plus grands rotors, plus puissantes et surtout produisant plus d’électricité, mieux répartie dans le temps.
Mais il ne faut pas pour autant renoncer à en installer de nouvelles, mieux réparties sur le territoire, si le Premier Ministre veut garantir, comme il l’a affirmé dans son interview à la PQR, que « le prix de l’électricité n’augmentera pas ». Il a également émis le souhait « d’arriver à ce que 60% de notre consommation en 2030 soit électrique ». On ne peut que se féliciter d’une ambition climatique aussi haute… même si elle n’est pas atteinte dès 2030.
Il faudra être en mesure de produire 600 à 800 TWh d’électricité bas-carbone, sans pouvoir compter sur de nouveaux EPR avant 2040. Même en espérant prolonger tous les réacteurs nucléaires existants, il y faudra des capacités éoliennes et solaires nouvelles en nombre.

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