Le Journal de Laurent Joffrin m’a donné l’occasion de m’exprimer sur la PPE3 avec un peu plus de détail et donc de nuance que par le moyen des tribunes, comme celle que j’ai cosignée en tant que Président d’Avenirs Energétiques avec Jean-Louis Ball, Vincent Jacques le Seigneur et Stéphane His, présidents d’Agir pour le Climat, d’Observ’ER et d’Energies renouvellables pour tous. Les questions m’ont été posées par Clément Barry, que je remercie. L’entretien a été mis en ligne le 8 mars dernier.
Au regard des objectifs climatiques et industriels, cette nouvelle programmation énergétique vous paraît-elle pragmatique et pertinente ?
S’il faut saluer la publication de la PPE3, elle manque d’équilibre et de cohérence. Elle fait une confiance sans faille à la prolongation de tous les réacteurs nucléaires existants, ce qui ne peut être assuré, même si l’on peut partager la volonté d’en prolonger le fonctionnement. Elle accorde également une très grande confiance aux énergies renouvelables non électriques, notamment la méthanisation et les biocarburants, chargées de substituer 11 points de pourcentage de l’énergie finale d’ici 2030. Or la dynamique technologique, la maturité des filières et l’évaluation des potentiels économiques devraient plutôt conduire à privilégier les renouvelables électriques, au premier rang desquelles l’éolien et le solaire. Or la PPE3 les sollicite moins, à hauteur de 7 points de pourcentage de l’énergie finale.
Ce graphique publié par la Cour des Compes montre la baisse quasi inéluctable de la capacité nucléaire en France, et ci même si on parvient à construire 14 EPR-2 (soit 23 GW) d’ici 2053, et si on parvient à prolonger tous les réacteurs du parc actuel jusqu’à 60 années de fonctionnement.









