Archives de catégorie : Energies

L’élection de Madame Le Pen serait un désastre pour le climat

« L’urgence est de rompre avec une écologie dévoyée par un terrorisme climatique qui met en danger la planète, l’indépendance nationale et plus encore, le niveau de vie des Français ». Un terrorisme climatique, pas moins, voilà ce qu’on peut lire dans le Projet pour la France de Marine Le Pen, cahier « M L’écologie ». Nous sommes habitués à d’âpres débats sur les renouvelables et le nucléaire au nom du climat, mais là nous entrons dans une autre dimension : la remise en cause de toute tentative de réduire nos gaz à effet de serre, avec de redoutables effets d’entrainement aux échelles européenne et mondiale.

Electricité : le nucléaire contre les renouvelables

Madame Le Pen veut un « moratoire sur l’éolien et le solaire », et pour l’éolien « le démantèlement progressif des sites ». Les subventions dédiées à promouvoir ces énergies seront suspendues. Madame le Pen entend ainsi, dit-elle, libérer « 4 à 5 milliards d’euros par an de ressources publiques, ainsi que 1 à 2 milliards d’euros de raccordement des nouvelles éoliennes et panneaux solaires ». Elle a ainsi inscrit dans le chiffrage de son programme une économie de … 14 milliards (?). Peut-être devrait-elle se tenir informée des évolutions du marché de l’électricité : le soutien aux renouvelables aura coûté 2,4 milliards d’euros en 2021, en forte baisse du fait de la hausse des prix de marché.

Pis : l’énergie des éoliennes qui survivraient au démantèlement sera désormais « achetée à prix de marché ». Illégal, bien sûr, de revenir ainsi sur les contrats. Et de plus, absurde : en 2022, les éoliennes soutiendront financièrement EDF et l’Etat, à hauteur prévisible de 3,7 milliards d’euros, la différence entre les prix d’achat de l’électricité éolienne prévus dans les contrats, et les prix de marché, qui seront sans doute bien plus élevés.

Madame Le Pen veut « produire une électricité décarbonée, à bas prix, accessible à tous ». Attention, elle reste favorable aux « énergies renouvelables, hydroélectricité et géothermie »… dont le potentiel additionnel est voisin de zéro. Et, surtout, à la relance du nucléaire.

Une électricité décarbonée ? Ce n’est pas le nucléaire pour sauver le climat (il est en réalité trop lent et trop cher), c’est le climat prétexte à justifier le nucléaire. Et là, pas question de la jouer petit bras : Madame Le Pen veut rouvrir Fessenheim, prolonger les réacteurs existants jusqu’à 60 ans voire au-delà, à mettre en service à partir de 2031 dix EPR, des SMR (petits réacteurs modulaires) et un prototype industriel de réacteur rapide refroidi au sodium issu du projet Astrid. Plus, à partir de 2036, dix EPR-2.

La part excessive du nucléaire français fait vieillir les centrales plus vite

Prolonger certaines centrales jusqu’à 60 ans sera peut-être possible, mais pour l’instant l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) s’est seulement prononcée sur les principes de la prolongation à 50 ans, soumise à examen particulier de chaque réacteur et travaux de remise à niveau. Le Pen affirme que l’exemple américain prouve qu’une prolongation des réacteurs à 60 ans c’est « zéro problème ». Elle sait sûrement mieux que l’ASN…

En fait elle n’a pas compris que la part excessive (70%) du nucléaire dans le mix français force à « moduler » la puissance des réacteurs pour suivre les variations quotidiennes de la demande. Cela fait vieillir les centrales plus vite, sous l’effet de stress mécanique et thermique et de bombardements neutroniques intenses durant les montées en puissance. Les réacteurs américains, ne fournissant que 20% de l’électricité des US, marchent à puissance constante et vieillissent moins vite.

L’EPR de Flamanville a coûté bien plus cher que prévu, jusqu’à 13 milliards hors frais financiers (20 en les incluant), c’est pourquoi l’industrie veut passer à l’EPR-2, simplifié et en principe moins cher. Mais voilà, sa conception n’est même pas finie, le premier ERP-2 pourrait au mieux être mis en route après 2035. Madame Le Pen veut, contre l’avis même de l’industrie, d’autres EPR type Flamanville, pour prétendre en disposer dès 2030 et boucher les trous de son moratoire sur les renouvelables.

Dépense de beaucoup d’argent public

Les résultats prévisibles ? Au choix:

  • de fortes pressions politiques sur l’indépendante Autorité de Sûreté Nucléaire (voire son contournement ou sa suppression), et une prise de risque nucléaire aggravée ;
  • un manque d’électricité, permanent plutôt qu’intermittent, pour au moins quinze ans.
  • un retour massif à la production thermique à partir de fossiles, dans quelques vieilles centrales et beaucoup de nouvelles à construire. Une aubaine pour les marchands de gaz, russes ou pas. D’autant que Madame Le Pen veut également sortir du marché européen de l’électricité, ce qui compromet les échanges internationaux si utiles pour optimiser à tout instant la production de ce bien peu stockable…

Au choix ou… les trois à la fois. Tout cela en dépensant beaucoup d’argent public, seul financement possible des EPR. Les renouvelables, elles, sont financées par le privé et désormais rapportent à l’Etat.

Carburants et combustibles en roue libre

Ce n’est pas seulement pour la production d’électricité, hélas, que le programme énergétique de Madame Le Pen, comme Terra Nova l’a noté, c’est « tout pour les énergies fossiles, rien pour le climat ». Madame Le Pen est hostile à l’interdiction progressive des passoires thermiques. Les locataires qui grelottent apprécieront. Elle veut baisser la TVA à 5,5% sur toutes les énergies, de façon pérenne : ce ne sera pas lié au cours des énergies. Pas question de mesures ciblées sur les ménages modestes : ce sera pour tout le monde. Cette baisse de la TVA serait sans doute bienvenue pour les automobilistes modestes et obligés, mais un encouragement à consommer du pétrole dont d’autres n’ont pas besoin.

Rares sont les mesures proposées qui n’encourageront pas à l’usage des énergie fossiles : une aide à la conversion à l’éthanol, marché rémunérateur pour les betteraviers, et un renforcement du réseau électrique « pour répondre aux besoins des véhicules électriques » – mais rien pour en soutenir le développement ou l’achat. L’hydrogène est aussi évoqué, mais on ne sait pas bien ni comment il serait produit ni à quelle fin il serait utilisé.

Bref, les renouvelables ne seront pas les seules à trinquer si elle est élue : les économies d’énergie ne seront pas de la partie. Et tant pis pour les filières industrielles en construction ! Quant à la sobriété, elle relève clairement pour Le Pen de « l’écologie punitive » : pas question de laisser « l’écologie étouffer la démocratie » et nos libertés « sacrifiées au nom d’une écologie dévoyée ». L’écologie « impose des régressions multiples de nos acquis collectifs, fragilise notre indépendance et prétend justifier des intrusions insupportables dans nos comportements ».  Il faut au contraire sortir du « Green Deal » comme du marché européen de l’électricité, l’un et l’autre « imposés par l’Union Européenne » – tout comme « la réduction de la production agricole de 10 à 20% du projet européen De la Ferme à la Fourchette », qui vise d’abord à réduire de 20% les engrais azotés, et de moitié les pesticides dans les champs et les antibiotiques dans les élevages.

Il y a cinq ans, Madame Le Pen voulait sortir la France de l’Union européenne. Ayant compris que les Français étaient attachés à l’Euro, elle a changé son fusil d’épaule et se propose plutôt d’organiser une sortie en morceaux, un peu à la manière des dirigeants polonais et hongrois, acceptant les financements et refusant les factures ou les contraintes. Avant même que cela ne fasse imploser l’Union européenne, où la France joue un rôle central, le retour français vers les énergies fossiles sapera le leadership de l’Europe dans cette bataille mondiale – la vouant ainsi à l’échec.

Les renouvelables, le dernier espoir du GIEC

Les deux premiers volets du sixième rapport d’évaluation du GIEC, parus en août dernier (The Physical Science Basis) et en février (Impacts, Adaptation and Vulnerability) furent les plus inquiétants jamais parus. Le troisième (Mitigation of Climate Change), publié le 4 avril, apporte une lueur d’espoir en plaçant les énergies renouvelables au cœur de toute stratégie de lutte contre les dérèglements climatiques. Quant au nucléaire, jamais le GIEC ne lui avait accordé un rôle aussi mineur.

Cinq minutes et douze secondes : c’est le temps qu’il a fallu à António Guterres, secrétaire général des Nations Unies, pour résumer d’une façon saisissante le troisième volet du sixième « rapport d’évaluation » du groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, le GIEC.

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Nucléaire: stop ou encore?

Nulle part ailleurs qu’en France, le débat sur le nucléaire n’est aussi clivant. On est pour ou on est contre, radicalement. De fait, l’éventail des choix est ouvert. Notre parc de 56 réacteurs vieillit, inexorablement, et ne pourra être prolongé indéfiniment. Après plusieurs accidents majeurs, les contraintes de sécurité ont été renforcés, et les coûts de la construction nucléaire s’envolent. A l’inverse, le coût des énergies renouvelables s’est effondré, et devrait continuer de baisser.

Pour qui veut s’informer, pour qui ne serait « ni pour ni contre, bien au contraire » mais entend comprendre les enjeux, les options sont peu nombreuses : passer des jours et des nuits à surfer sur les sites des uns et des autres et s’efforcer de démêler le vrai du faux ; lire les 855 pages du rapport de RTE « Futurs énergétiques 2050 », et se reporter en sus à quelques analyses critiques ; ou se procurer le livre d’Antoine de Ravignan, Nucléaire stop ou encore ? édité par Les Petits Matins.

En six chapitres, le journaliste d’Alternatives Economiques fait un tour complet du sujet, bourré de références et d’informations. La renaissance du nucléaire que d’aucuns croient voir ? Elle est introuvable, et si le GIEC et l’AIE lui voient jouer un rôle dans la réduction des gaz à effet de serre, ce rôle est sans commune mesure avec celui des énergies renouvelables, qui se développent bien plus rapidement, partout dans le monde, que le nucléaire.

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Dans la transition, l’extraction minière diminue!

Oui voilà qui va surprendre les fans de Pitron ou Jancovici, et même beaucoup d’autres, par exemple les lecteurs de l’étude l’AIE que je mentionne ici. Car jusqu’ici, on a rarement rapproché les quantités de roches à extraire du sous-sol pour obtenir les minéraux dont nous avons besoin pour la transition énergétique (et bien d’autres choses), des quantités de combustibles minéraux solides dont on peut économiser l’extraction grâce au développement des renouvelables. Les chercheurs de l’institut japonais des études environnementales (NIES) viennent de le faire, et à ma connaissance c’est une première. Du coup, vous n’avez jamais vu un tel graphe – sauf bien sûr si vous étiez le 7 octobre à l’Unesco, au Colloque du Syndicat des Energies Renouvelables.

Takuma Watari et ses collègues des universités de Tokyo et Sidney ont étudié les besoins en métaux des renouvelables et des véhicules électriques sur la base du scénario Beyond 2° de l’AIE (Energy Technology Perspectives 2017), évalué l’ensemble des extractions nécessaires (incluant donc tous les déchets miniers), et rapporté cela à la baisse des extractions de charbon (et très accessoirement de gaz et de pétrole). Pour cela, ils se sont basés sur le scénarioIls ont présenté leurs résultats séparément, on voit ainsi que pour les véhicules les quantités augmententd, mais pour la production électrique elles diminuent fortement. Les échelles étant différentes, j’ai simplement repris leurs chiffres et construit un graphe unique avec les deux domaines – véhicules et production électriques – et les deux types de extraction minières – les extractions de combustibles, et les extractions visant à obtenir des métaux. On voit mieux ainsi qu’au fil de la transition énergétique les besoins de l’extraction minière diminue – si l’on veut bien tenir compte du charbon.

Ce serait bien de garder ça à l’esprit quand on vous dit que les renouvelables, les voitures électriques, le numérique, c’est horrible, il faut fouiller la terre pour extraire des matériaux, dépenser de l’énergie, etc.: toujours regarder ce qu’on vise à remplacer – le charbon notamment, le pétrole, une part importante des voyages d’affaires (pour le numérique), etc. Après, on compare ici les tonnages, on ne compare pas tous les effets sur l’environnement, l’eau, les sols… Mais sur la pollution de l’air et le changement climatique en tout cas, c’est sûr qu’il n’y a pas photo!

Perspectives énergétiques pour nos petits-enfants

Depuis un demi-siècle ce monde est hanté par la perspective d’une pénurie d’énergie, au point que nous peinons à reconnaître les prémices de l’abondance à venir. C’est aussi que nous n’y sommes pas encore, et que l’abondance actuelle repose massivement sur des énergies fossiles dont la production le transport et l’utilisation polluent les airs, les sols et les eaux et déséquilibrent le climat.

La féé électricité

L’électrification, clé de la décarbonisation de l’économie mondiale, est rendue possible par l’apparition de l’éolien et du photovoltaïque, qui sont eux-mêmes la clé de la décarbonation de l’électricité. Elle a de profonds effets sur le concept même d’énergie. Elle réduit fortement la demande d’énergie « primaire », c’est-à-dire des produits énergiques non transformés (Figure ci-dessus, reproduite de An Electricity Market for Germany’s Electricity). Jusqu’à présent, les énergies fossiles occupaient une grande part dans la production électrique. Or l’efficacité moyenne des centrales thermiques est de l’ordre de 40% – le reste est le plus souvent perdu. L’utilisation directe de combustibles, comme le gaz naturel, pour le chauffage et la chaleur industrielle, semble certes très efficace (les pertes sont minimes) mais les pompes à chaleur, qui capturent les calories dans le milieu ambiant, le sont bien davantage : 1 kWh d’électricité suffit à fournir en moyenne 3 à 4 kWh de chaleur utile. Les moteurs à combustion interne, eux aussi, produisent plus de chaleur que de mouvement, l’énergie est là aussi en partie perdue.

L’abondance de demain, il n’est plus permis d’en douter, sera celle des énergies renouvelables en général, et du solaire en particulier. « Je vois le solaire devenir le nouveau roi des marchés mondiaux de l’électricité, en piste pour de nouveaux records de déploiement chaque année après 2022 », dit Fatih Birol, le directeur exécutif de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE – IAE). Cette déclaration a frappé les observateurs. Ce n’est pourtant que le début.

Car le fait majeur de la décennie écoulée, c’est que l’énergie solaire photovoltaïque (PV) est devenue la moins chère de toutes les énergies, alors qu’elle était la plus chère. L’éolien terrestre ou maritime a vu lui aussi son coût chuter considérablement. Le potentiel du solaire est virtuellement illimité à l’échelle de nos besoins (IEA 2011), celui de l’éolien, notamment maritime, considérable (IEA 2019). Continuer la lecture

L’AIE tourne le dos aux énergies fossiles

« Ce rapport est l’une des entreprises les plus importantes et difficiles dans l’histoire de l’Agence Internationale de l’Energie », affirme Fatih Birol, le Directeur exécutif de l’AIE dans son avant-propos au rapport « Net Zero Emissions by 2050 »[1] publié ce 18 mai. Et de fait, il marque un changement sans retour dans la politique de l’AIE, longtemps accusée par les environnementalistes de ménager la chèvre et le chou, prétendant lutter contre le changement climatique mais ne cessant d’alerter sur le risque de sous-investissement dans le pétrole et le gaz.

L’AIE prône en même temps la fin immédiate du développement des centrales à charbon sans capture du CO2, la fin des ventes de chaudières au fioul ou au gaz dès 2025, l’arrêt des centrales à charbon sans capture dans les pays développés en 2030, la fin du moteur thermique en 2035 (voir « Key milestones » ci-dessus). Les fossiles dans leur ensemble, qui fournissent aujourd’hui les 4/5 de l’énergie, n’en fourniront plus que 1/5 en 2050, soient pour produire des marchandises dans lesquelles le carbone reste inclus, soit pour des combustions avec capture du CO2, soit pour quelques usages où la décarbonation sera plus difficile et plus lente.

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La transition énergétique va-t-elle manquer de métaux?

Les objets de la transition énergétique, de la voiture électrique à l’éolienne et au photovoltaïque, sont gourmands en métaux. Au point que beaucoup s’inquiètent – ou font mine de s’inquiéter – de savoir si cette gourmandise ne peut pas faire échouer la transition énergétique, ou faire sombrer les pays occidentaux dans une nouvelle dépendance géostratégique vis-à-vis de pays producteurs, de la Chine au Congo, voire en réduire à néant l’intérêt du fait des dépenses énergétiques et problèmes environnementaux associés.

L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) vient de publier sa première analyse approfondie du sujet, dans un rapport de 287 pages, « the role of critical minerals in energy transitions » (le rôle des minéraux critiques dans les transitions énergétiques). Ses conclusions ? Il y a aura bien une demande accrue de minéraux, notamment le lithium, le cobalt, le nickel, le cuivre et les terres rares, mais si on s’y prend à temps elle ne devrait pas handicaper à l’excès la transition énergétique, dont la nécessité n’est pas remise en cause. Et une nouvelle dépendance n’est pas le plus probable.

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Mijoteuses et autocuiseurs électriques : un espoir pour le tiers-monde !

Huit cents millions de personnes aujourd’hui dans le monde n’ont pas accès à l’électricité… et deux milliards et demi ne disposent pas d’une cuisson « propre » – gaz du réseau ou en bouteille, ou électricité. Ils utilisent du bois, des déchets végétaux ou animaux, du charbon de bois, du kérosène ou du charbon, dans des feux ouverts ou des fourneaux basiques.
La pollution « intérieure » qui en résulte pèse d’un poids terrible sur la santé des populations, causant attaques cardiaques, maladies pulmonaires, et près de 4 millions de morts par an – plus que le Sida, le paludisme et la tuberculose combinés. Sans parler des brûlures accidentelles ou des empoisonnements infantiles par ingestion de kérosène. L’Afrique et l’Asie du Sud-Est sont les plus touchées, mais le mal touche aussi des populations d’Amérique latine, d’Asie centrale, du Proche-Orient, d’Extrême-Orient et même d’Europe orientale.

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L’hydrogène vert bientôt moins cher que l’hydrogène « bleu » – so what?

Une fois de plus, l’agence Bloomberg New Energy Finance (BNEF) vient de secouer le cocotier en révisant à la baisse ses prévisions de coûts de l’hydrogène « vert », produit par électrolyse de l’eau à partir d’électricité renouvelable. Selon BNEF, l’hydrogène « vert » produit à partir d’électricité photovoltaïque ou éolienne à terre coûtera moins cher dès 2030 que l’hydrogène produit à partir du gaz naturel avec capture et stockage du CO2 avec des coûts allant de 1 à 2 dollars des USA ($) dans les 28 pays modélisés, à l’exception de la Corée et du Japon.
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Les centrales à charbon peuvent encore servir

Le déclin du charbon est inéluctable. Il est visible en Europe et aux Etats-Unis, sinon dans le reste du monde. Sur l’année 2019, avant la pandémie donc, la production d’électricité à partir du charbon a chuté de 19% en Europe et de 15% aux Etats-Unis. La France a décidé la fermeture de ses 4 centrales au charbon. La dernière tranche charbon de Gardanne (Bouches-du-Rhône) est définitivement arrêtée depuis plusieurs mois. La centrale d’EDF au Havre, s’est éteinte ce 10 mars, son stock de charbon étant épuisé. La fin des deux dernières est proche. Celle de Saint-Avold, en Moselle, doit fermer au début de l’année prochaine et a déjà commencé à licencier son personnel. La dernière, celle de Cordemais en Loire Atlantique, devrait tenir jusqu’au démarrage de l’EPR de Flamanville en 2023, guère plus. Mais que faire des anciennes installations ? Pourraient-elles encore servir ?

(Illustration:  RWE Power)

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