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Réformer la tarification de l’électricité pour libérer la flexibilité

L’alilance énergie climat, qui regroupe Agir pour le climat, Avenirs énergétiques et Observ’ER, propose une réforme du tarif réglementé de vente de l’électricité de nature à favoriser la flexibilité, réduire le coût de l’électricité et débloquer le dépoiement de l’énergie solaire.

Voir ici la synthèse: Synthèse 2P Avenirs Energétiques

Là l’argumentaire détaillé: Contribution Avenirs Energétiques – TE (4)

Et la le communiqué de presse qui rend compte de la conférence de presse de lancement: Alliance Energie Climat ComPresse 220926

Heures « super-creuses », décalage de certains usages… « Comment réformer les tarifs d’électricité sans coûter un centime à l’Etat »

La France regorge d’électricité décarbonée, au point d’en gaspiller une partie faute de demande au bon moment. Christian de Perthuis, professeur à l’université PaJris Dauphine-PSL et Cédric Philibert, président d’Avenirs Energétiques détaillent une réforme des tarifs capable de concilier pouvoir d’achat, climat et souveraineté énergétique. (Tribune sur le site des Echos, publiée le 15 octobre 2026)

Une réforme des tarifs pourrait encourager les ménages à optimiser leur consommation énergétique.
Une réforme des tarifs pourrait encourager les ménages à optimiser leur consommation énergétique. (Photo Jean-Marc Barrere/Hans Lucas via AFP)

Par Christian De Perthuis (fondateur de la chaire Economie du climat), Cédric Philibert (président d’Avenirs Énergétiques)

Electrifier les bâtiments, les usines et les transports, c’est remplacer de l’énergie fossile, importée et émettrice de CO2, par des électrons décarbonés et produits localement. Une opération qui répond au double objectif de souveraineté énergétique et d’atténuation du réchauffement climatique.

Tout le monde, ou presque, en reconnaît aujourd’hui l’urgence, mais les blocages et contestations se multiplient sitôt que surgit la question des moyens financiers à mobiliser en période de disette budgétaire et d’escalade des taux d’intérêt.  Continuer la lecture →

Economie de l'(in)action climatique

 

Publié en 2025, je viens seulement de l’acheter, et je l’ai lu avec un grand intérêt, sur la recommandation de Christian de Perthuis. J’ai beaucoup aimé notamment les chapitres 3 à 7, jubilant parfois de lire des choses que parfois je ressentais profondément sans les avoir toujours explicitées avec le même détail que Gollier. Ni les héros climatiques, ni le Léviathan écologique ni le Crésus vert n’offrent de solutions réalistes à l’échelle nécessaire, la Némésis décroissante et « l’imprécateur de la Standard Oil » moins encore. Vraiment, certains chapitres ont rencontré toute mon adhésion et j’espère garder en tête certaines des meilleures démonstrations.

J’ai quelques réserves sur certains autres chapitres. Défenseur de la taxe carbone, il discute au fond assez peu de sa mise en place dans un contexte international inégal – au-delà de la remarque juste que pour les pauvres des pauvres, elle ne saurait être régressives puisqu’ils n’utilisent pas d’énergies commerciales. Ni des avantages et inconvénients relatifs des taxes et des permis négociables, qui mériteraient d’être analysés plus avant.

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PPE3: ses points forts, ses points faibles

Le Journal de Laurent Joffrin m’a donné l’occasion de m’exprimer sur la PPE3 avec un peu plus de détail et donc de nuance que par le moyen des tribunes, comme celle que j’ai cosignée en tant que Président d’Avenirs Energétiques avec Jean-Louis Ball, Vincent Jacques le Seigneur et Stéphane His, présidents d’Agir pour le Climat, d’Observ’ER et d’Energies renouvellables pour tous. Les questions m’ont été posées par Clément Barry, que je remercie. L’entretien a été mis en ligne le 8 mars dernier.

Au regard des objectifs climatiques et industriels, cette nouvelle programmation énergétique vous paraît-elle pragmatique et pertinente ?

S’il faut saluer la publication de la PPE3, elle manque d’équilibre et de cohérence. Elle fait une confiance sans faille à la prolongation de tous les réacteurs nucléaires existants, ce qui ne peut être assuré, même si l’on peut partager la volonté d’en prolonger le fonctionnement. Elle accorde également une très grande confiance aux énergies renouvelables non électriques, notamment la méthanisation et les biocarburants, chargées de substituer 11 points de pourcentage de l’énergie finale d’ici 2030. Or la dynamique technologique, la maturité des filières et l’évaluation des potentiels économiques devraient plutôt conduire à privilégier les renouvelables électriques, au premier rang desquelles l’éolien et le solaire. Or la PPE3 les sollicite moins, à hauteur de 7 points de pourcentage de l’énergie finale.

Ce graphique publié par la Cour des Comptes montre la baisse quasi inéluctable de la capacité nucléaire en France, et ci même si on parvient à construire 14 EPR-2 (soit 23 GW) d’ici 2053, et si on parvient à prolonger tous les réacteurs du parc actuel jusqu’à 60 années de fonctionnement.

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En attendant la PPE3…

J’ai mis sur ces graphiques les productions éoliennes et solaires en France en pourcentage de la demande d’électricité. On peut en tirer deux informations:
1. L’éolien et le solaire se complètent au cours de l’année, le soleil produisant peu de novembre à février, au contraire de l’éolien. Un hypothétique stockage inter-saisonnier, amorti 365 fois moins vite qu’un stockage quotidien, n’est pas nécessaire si on équilibre éolien et solaire.
2. De 2023 à 2025 la part du solaire progresse, au contraire de la part de l’éolien (et ce n’est dû qu’en partie aux variations interannuelles de la ressource).

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Nous disposons de presque toutes les technologies disponibles

Avec mon aimable autorisation, je reproduis ici l’entretien que j’ai donné à l’excellent Rémi Noyon du Nouvel Observateur, qui l’a publié en ligne le 10 novembre dernier, jour d’ouverture de la COP-30 à Belèm.

Alors que les nouvelles du front climatique sont souvent bien sombres, des optimistes sont convaincus que nous sommes en train de vivre les prémisses d’une véritable révolution énergétique. Cédric Philibert est l’un d’eux. Ce spécialiste des politiques de décarbonation qui a travaillé près de vingt ans à l’Agence internationale de l’Energie (AIE), vient de publier un ouvrage dont le titre résume le propos : « Climat. Les énergies de l’espoir » (Les Petits Matins). Nous l’avons rencontré pour essayer de nous remonter le moral.

A vos yeux, nous sommes en train de vivre une véritable révolution énergétique. Quelle est-elle ?

Le déploiement de l’énergie solaire est si rapide qu’il surprend même les analystes les plus optimistes. Il faut prendre la mesure de ces chiffres. En 2010, on installait 1 GW de solaire par mois. En 2015, il ne fallait plus qu’une semaine. En 2023, plus qu’un jour. Environ 585 GW furent installés en 2024. C’est la Chine qui tire cette incroyable croissance, qui a des allures d’exponentielle. Quand on me dit : « On fera des efforts quand les Chinois en feront », j’ai envie de hurler. Non seulement la Chine verdit son électricité, mais elle électrifie toute son économie : panneaux solaires, éoliennes, batteries, voitures électriques…

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La mise sous cocon de réacteurs, pour préserver l’avenir

Face à un surplus temporaire d’électricité, certains ont la tentation de stopper le déploiement de l’éolien et du solaire. Ce serait une lourde erreur qui nous mettrait dans une grande situation de faiblesse devant la fin programmée des réacteurs nucléaires existants, et la très grande difficulté d’en construire de nouveaux à des conditions de prix acceptables.

Mieux vaudrait-il mettre quelques réacteurs nucléaires sous cocon, et garder l’option de les redémarrer dans quelques années si le besoin s’en fait sentir. Cela permettrait de gérer plus en soulesse la « falaise de déconstruction » qu’une prolongation à 50 ou même 60 ans de fonctionnement, si elle est possible, ne fait que repousser.

Voir notre tribune (avec Clément Bayard, André Joffre, Antoine Bonduelle et Stéphane His) sur le site des Echos du 13 octobre 2025.

« Mettre les réacteurs nucléaires sous cocon, cette option méconnue à explorer d’urgence » _ 

La dimension stratégique de la flexiblité des systèmes électriques

L’Union européenne (UE) est engagée dans une transition énergétique visant surtout à remplacer les combustibles fossiles par l’électrification de la demande. Cet objectif repose sur une augmentation massive des énergies renouvelables (éolien, solaire) pour compléter les infrastructures nucléaires et hydroélectriques. Cependant, la variabilité naturelle de ces sources impose de nouvelles exigences en matière de flexibilité du système électrique.

Le développement de la flexibilité du système électrique est essentiel pour accompagner la transition énergétique en Europe. Une approche pragmatique et intégrée permettra de maximiser l’utilisation des énergies renouvelables tout en assurant la stabilité du réseau et la compétitivité économique du continent.

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Les mauvais calculs de Jean-Marc Jancovici que reprennent la droite et l’extrême-droite

Le mauvais calcul de Jancovici, qui prétend qu’il faudrait une éolienne par kilomètre en France pour fournir à la France toute son énergie, est souvent repris par des orateurs du prétendu « Rassemblement national » et quelquefois par des représentants des auto-proclammés

« Républicains ». C’est pourquoi j’ai cru devoir mettre à la disposition de tous le démontage de cet argument auquel j’ai procédé dans mon livre Les Eoliennes, pourquoi tant de haine? paru en mars 2023 aux Editions Les Petits Matins/Institut Veblen.

Le très médiatique ingénieur Jean-Marc Jancovici s’exprime sur le plateau de « C à vous », sur France 5, le 5 novembre 2021 : « On a fait un tout petit calcul : si, en France, on n’avait que des éoliennes pour fournir la totalité de notre énergie, y compris ce qui fait tourner les voitures et les usines, il en faudrait une tous les kilomètres partout dans le pays. » C’est à la page 127 de la fameuse BD « Un monde sans fin ».

La France métropolitaine a une superficie de 555 000 km2. Une éolienne tous les kilomètres, ça fait 550 000 éoliennes !

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« Le bilan climatique des véhicules électriques serait médiocre, mais que valent ces griefs ? »

Dans une tribune au « Monde », l’expert de l’énergie Cédric Philibert démonte une par une les critiques adressées aux voitures électriques. (Ma tribune dans le Monde daté du lundi 28 mai, en ligne depuis le 24 mai à 13 heures).

La résolution européenne d’imposer des émissions de CO2 nulles à partir de 2035 aux voitures particulières neuves et aux utilitaires légers a été prise en 2023, mais la volonté politique d’y parvenir remonte à 2015. Elle a été mûrement réfléchie et longuement débattue entre la Commission, le Parlement et les vingt-sept exécutifs européens. En effet, l’accord de Paris sur le climat, signé en 2015, engage l’humanité à maintenir « l’augmentation de la température moyenne mondiale bien au-dessous de 2 °C au-dessus des niveaux préindustriels » et, si possible, au-dessous de 1,5 °C. Il faut, pour cela, plafonner au plus vite les émissions mondiales de gaz à effet de serre, puis atteindre des émissions nettes nulles dans la seconde moitié du siècle. Les Etats-Unis, l’Europe, le Japon, le Royaume-Uni et d’autres s’y sont engagés pour 2050, la Chine suivra en 2060, l’Inde en 2070.

Les candidats de droite et d’extrême droite aux élections européennes du 9 juin veulent abroger cette décision, requalifiée en « choix du tout-électrique ». Leurs principaux griefs : ce choix « viole la neutralité technologique », en excluant « d’autres moyens » de réduire les émissions, selon François-Xavier Bellamy, tête de liste des Républicains. Un coût trop élevé priverait les classes moyennes et populaires d’un moyen de transport accessible financièrement. Le bilan climatique des véhicules électriques serait médiocre. La concurrence chinoise, enfin, en avance dans la technologie électrique, ferait peser une lourde menace sur l’industrie automobile européenne, « désorganisée » par le passage à l’électrique, selon Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national. Que valent ces griefs ?

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