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Jancovici et l’éolien (3)

Parce que sur LinkedIn les vieux posts sont difficiles à retrouver, et que les short url n’ont semble-t-il qu’une durée de vie limitée, j’ai décidé de reprendre ici trois posts à propos de trois pages de la BD Le Monde sans fin de Jean-Marc Jancovici et Christophe Blain.

Vous avez apprécié ces deux posts dans lesquels je montrais comment Jean-Marc Jancovici s’efforce, quoi qu’il en dise, de montrer que les renouvelables sont plus nuisible qu’utiles. Ils concernent les pp.34 et 35 de sa BD (avec Christophe Blain) Le Monde sans fin. Je vais donc continuer ici le travail entrepris avec Eoliennes pourquoi tant de haine ? (Editions Les Petits Matins/Institut Veblen) et reprendre quelques autres affirmations discutables de Jean-Marc Jancovici sur les énergies renouvelables.

Prenons cette demi- page: on y apprend notamment que le solaire « artificialise des surfaces importantes », et que « l’éolien demande beaucoup d’espace et dégrade les sols agricoles ». On s’étonne qu’un ingénieur ne nous donne aucun chiffre. Voici ceux que nous donne RTE: autour des éoliennes, il y a de vastes espaces de « co-usages »: on peut y cultiver des champs, faire paître son bétail. 8 à 18 ha par MW en 2050. Il y a une zone artificialisée, avec pistes d’accès, postes de livraison, etc: 0,15 ha/MW. Enfin il y a une zone imperméabilisée : 0,02 ha/MW. Et on ne voit pas en quoi les sols agricoles sont dégradés. Le solaire maintenant, la redoutable « centrale solaire au sol »: entre 1 et 2 ha/MW de co-usages, 0,09 ha/MW artificialisés, 0,002 ha/MW imperméabilisés! Autant dire, pas grand chose. De fait, selon que les scénarios ont 50% ou 100% de renouvelables dans la production d’électricité, celle-ci, et les lignes de transport d’électricité, artifialiseront entre 300 et 700 ha par an d’ici 2050. Un chiffre à rapprocher des 25 000 hectares artificialisés chaque année en moyenne entre 2010 et 2020 dans notre beau pays…
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L’éolien et le solaire ne remplacent pas le nucléaire français

C’est un thème très en vogue auprès des adversaires des énergies renouvelables qui ne jurent que par le nucléaire : l’éolien et le solaire ne feraient en France que prendre la place de l’énergie nucléaire. Et de ce fait, ne contribueraient en rien à décarboner le mix électrique français ou européen.

Jean-Marc Jancovici, entre autres, aborde ce thème dans sa fameuse bande dessinée « Le Monde sans fin » (avec Christophe Blain, Dargaud), pp. 158-159. La thèse est reprise avec force par deux autres polytechniciens, anciens dirigeants d’entreprises, Gérard Buffière et Bernard Kasriel, dans une tribune d’Atlantico le 4 avril dernier : « La priorité d’injection sur le réseau, que confèrent leurs contrats aux producteurs d’énergie renouvelable, dès que leurs installations éoliennes ou solaires produisent, se traduit par une baisse de la production nucléaire. »

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Renouvelables: le ministère de l’absurde

Stupeur et tremblements : la loi d’accélération des renouvelables à peine promulguée, les dernier appel d’offre éolien du gouvernement français s’achève en désastre. L’appel éolien visait 925 mégawatts (MW) de puissance éolienne. 944 MW ont été proposés par des développeurs… et 54 MW seulement retenus par le ministère de la Transition écologique, sur proposition de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Un appel d’offre solaire a suivi à peu près le même sort.

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Énergies renouvelables : pourquoi la loi d’accélération est un ratage complet

La loi d’accélération de la production d’énergies renouvelables a donc été adoptée le 7 février par le Sénat, par 300 voix pour, 13 contre (dont 10 Républicains) et trente abstentions (notamment écologistes). Elle avait été adoptée à l’Assemblée nationale, par 217 voix pour (députés de la majorité, socialistes, indépendants et ultra-marins) et 169 contre (Rassemblement national, Les Républicains, Insoumis et communistes), le 31 janvier en des termes identiques, ceux de la Commission Mixte Paritaire. Les parlementaires écologistes des deux chambres se sont abstenus, les députés et sénateurs Les Républicains se sont divisés…

Les opérateurs d’énergie renouvelable n’en attendent pourtant pas grand-chose. Si les plus optimistes relèvent certains points positifs, la plupart estiment que la loi va plutôt ralentir le développement des renouvelables, et isoler encore davantage la France en Europe.

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Taxation des superprofits: le précédent des renouvelables

Je republie ci-dessous la Tribune que j’ai donné à Libération le 7 septembre. Le même jour, Les Echos citaient cette déclaration d’un proche de Bruno Le Maire: « La contribution des énergéticiens, nous la pratiquons déjà en France et elle va rapporter 8 milliards pour les seules énergies renouvelables. » Se targuer de ce prélèvement sur les renouvelables pour mieux justifier son refus de taxer les superprofits gaziers et pétroliers, il fallait oser…

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Réduire la dépendance aux énergies russes

Il s’agit du gaz mais aussi du pétrole (29% des importations françaises en 2019 !), voire du charbon et de l’électricité, directement car la Russie en est également exportatrice, indirectement du fait du rôle du gaz dans la production d’électricité en Europe. Il s’agit encore des céréales et protéagineux, dont la Russie et l’Ukraine sont exportatrices, ainsi que des engrais, notamment les engrais azotés qui sont fabriqués à partir du gaz naturel via l’hydrogène et l’ammoniac.

La dépendance ici est réciproque : la Russie a besoin des recettes d’exportations, l’Europe a besoin du gaz (surtout) et du pétrole russe, quelques pays européens d’électricité russe. Une réduction brutale de ces échanges peut venir de sanctions européennes ou de contre-sanctions russes, ou encore de disruptions physiques. Il y a cependant une différence fondamentale : dans le premier cas, c’est la demande qui baisse, dans le second c’est l’offre. Une baisse de la demande fait baisser les prix, une baisse de l’offre les fait grimper. Continuer la lecture

Rondo brûle d’électrifier l’industrie mondiale avec le soleil et le vent

Prenez des radiateurs électriques costauds, utilisés dans l’industrie du verre et d’autres. Prenez des briques réfractaires, ces céramiques dont on fait les fours et qui sont utilisés pour récupérer et stocker de très hautes températures en sidérurgie. Mélangez… de façon très ordonnée, pour que les radiateurs portent rapidement les briques à près de 1500°C, tout en ménageant des espaces pour souffler de l’air et récupérer la chaleur stockée. Enveloppez le tout dans une enveloppe isolante et servez chaud – très chaud. Vous venez de créer un stockage thermique haute température compact, capable de convertir six à douze heures d’électricité photovoltaïque en un souffle continu de chaleur (air, gaz ou vapeur) à 1200°C. Sortez de ce garage où vous avez expérimenté et calculé pendant de longs mois, passez par la case Départ (en anglais : Start-up) et recevez vingt millions de dollars de Bill Gates (via Breakthrough Energy Ventures) pour continuer votre développement et répondre aux premières commandes d’industriels californiens. Rondo Energy est lancée. Continuer la lecture

Power to the cooks!

Comment la combinaison Photovoltaïque + batteries + autocuiseur électrique à pression peut drastiquement diminuer la pollution dans les cuisines dess pays les moins avancés, en faisant reculer les mauvaises combustions de biomasse, kérosène ou charbon. Améliorer la santé des populations, diminuer les coûts ou corvées de combustibles, fournir à tous un accès à la cuisson propre. Avec ou sans réseau, ou sur les réseaux faibles. Ici la version en anglais, très bientôt la version française.

Temps de travail…

Le patron du Medef a déclaré qu’il fallait « réfléchir au temps de travail ». Excellente idée! A l’heure où tout le monde ne parle que de relance, où les plus libéraux se réveillent keynésiens, « quoi qu’il en coûte », on peut se demander s’il est possible dans ce contexte de « réfléchir au temps de travail », en effet, mais non pas pour l’augmenter, comme le voudrait Roux de Bézieux, mais pour le réduire.

Ainsi, outre le choix entre une relance « tous azimuths » ou une relance sélective qui mettrait à profit les énormes stimuli économiques pour accélérer, plutôt que freiner, la transition écologique, se pose un autre question – peut-on penser « en même temps » une relance keynésienne et le partage du travail via la réduction du temps de travail contraint? Le mieux serait de demander à Keynes lui-même.

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