Dioxyde de carbone et méthane: leçons d’une polémique

Mon cher Benjamin,

Dans ta dernière livraison, tu me reproches d’aller chercher dans le rapport du groupe 1 un autre critère, le potentiel de changement de température global, alors que « le groupe 3 du Giec ne l’utilise pas ». C’est bête, j’avais fait un pas dans ton sens en acceptant de prendre, dans le rapport du groupe 1, un PRG à 100 ans de 34 pour tenir compte de toutes les rétroactions climatiques, alors que le groupe 3 utilise un PRG à 100 ans de 28, et maintenant tu préfères qu’on s’en tienne à ce que dis le groupe 3, enfin bon, comme tu veux.

J’avais pourtant bien précisé que je ne trouvais pas que le PCTG était un critère supérieur au PRG. Si je suis allé le chercher, c’est parce que son apparition permet, par contraste, de mieux comprendre le PRG. Le PRG à 100 ans n’exprime pas le rapport d’augmentation de température à l’année 2114 entre une tonne de méthane et une tonne de dioxyde de carbone émise en 2014 – justement, ça c’est le PCTG. Le PRG est l’intégrale, sur la période de temps considéré, du forcing radiatif du gaz considéré, divisé par l’intégrale du forcing radiatif du gaz de référence, le dioxyde de carbone. C’est pourquoi le choix d’un PRG à 100 ans comme guide de l’action, tant par le Giec que par la CCNUCC, me paraît un choix de bon sens, car il tient pleinement compte du changement climatique à 20 ans et à 50 ans.

Quant à ton discours sur les émissions « pérennes », pardonne-moi, mais plus tu expliques et moins je comprends. Tu écris partout que « on utilise le potentiel de réchauffement global pour une émission pérenne, dont la valeur est de 45 à 100 ans et 76 à 40 ans, sans tenir compte des rétroactions climatique », c’est écrit d’une façon telle que le lecteur naïf peut croire que tu continues de rendre compte de ce qui se passe au Giec, c’est bien fait, mais moi je ne sais pas qui utilise ce critère-là ou ces chiffres-là, je ne sais pas qui est « on », et j’ai un peu l’impression que tu prends tes lecteurs pour des « on ».

Pour ma part, je vais m’arrêter là. Sur les liens que tu souhaites faire entre le nucléaire et l’importance donnée au  méthane et au dioxyde de carbone, j’ai dit ce que j’avais à dire, tu m’as répondu, très bien, je ne retire rien de ce que j’ai écrit, ceux que ça intéresse se feront leur opinion, ce n’est pas très important. Ce qui compte, c’est de bien comprendre ces histoires de potentiel de réchauffement global et l’importance des divers gaz. Et moi, de t’avoir lu attentivement et d’avoir cherché les explications dans les rapports des groupes 1 et 3 du Giec, j’ai l’impression de les comprendre mieux. Je ne savais pas trop quoi penser de ton insistance sur le méthane, maintenant je sais. Merci, et à bientôt.

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