L’irrésistible essor de l’éolien

WIND RDMP PROJECT

L’énergie éolienne pourrait produire jusqu’à 18% de l’électricité mondiale en 2050, contre 2,6% aujourd’hui – voici la première chose à retenir de l’édition 2013 de la Wind Power Roadmap (feuille de route) de l’AIE, parue cette semaine, et à laquelle j’ai quelque peu contribué.

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Ce chiffre est à comparer avec les 12% envisagés, toujours à l’horizon 2050, par la roadmap publiée en 2009. Comment expliquer la différence? Par au moins trois facteurs: 1. les difficultés rencontrées par les technologies de production d’électricité décarbonée qui ne sont pas renouvelables (le nucléaire, la capture et le stockage du CO2); 2. la montée en puissance des grands émergents, et de la Chine en particulier, dans la production éolienne (et renouvelable en général); 3. par les progrès notables accomplis par la technologie éolienne, notamment au cours de ces trois dernières années. Offshore? Eh non: il s’agit d’abord de l’éolien terrestre, qui devient de plus en plus compétitif.

Car c’est une chose à retenir de cette nouvelle roadmap: même à l’horizon 2050 l’essor de l’éolien reste principalement terrestre, grâce à l’évolution, trop peu remarquée, de la technologie (Bernard Chabot n’a pas hésité à parler de « révolution silencieuse« ).

New WindDes turbines certes plus puissantes, mais surtout plus hautes et avec des pales plus longues, de sorte que le ratio de la capacité électrique sur la surface balayée diminue, notamment avec certaines des turbines les plus récentes. Cela permet d’abord d’installer des éoliennes ailleurs que dans les zones les plus ventées, souvent sensibles du point de vue des paysages (bords de mer, cols ou crêtes montagneuses), plus près des zones de forte consommation. Ensuite, cela permet une augmentation significative du facteur de capacité – le nombre d’heures à équivalent pleine puissance, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous. Au total ces nouvelles éoliennes produisent un peu moins de kWh que des éoliennes de même taille et munie d’un générateur plus puissant, mais leur production est plus régulière, ce qui limite les difficultés de gestion des pics de puissance par les réseaux d’électricité. L’éolien nouveau reste variable, bien sûr, mais quand même nettement moins que l’éolien qu’on a installé jusqu’ici. Une évolution très appréciable quand l’énergie éolienne annuelle atteint ou dépasse 15%, comme en Espagne, en Irlande ou au Portugal, pour ne pas mentionner le Danemark (30%), « trop » bien interconnecté avec ses voisins.

 Autre évolution intéressante: on commence à remplacer les éoliennes de la première génération (au Danemark, en Californie, en Allemagne) par des machines bien plus puissantes, ce qui permet de poursuivre le développement de l’éolien avec un nombre de mâts constant, voire en diminution, ce qui permet d’en limiter les impacts visuels – et les « surfaces » impactées.

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