Pour ceux qui l’auraient manqué, mon interview par Pascal Riché (en français… ) dans Le Monde du 13 décembre dernier: Cédric Chine Le Monde 13-12-2025 (1).
Pour ceux qui l’auraient manqué, mon interview par Pascal Riché (en français… ) dans Le Monde du 13 décembre dernier: Cédric Chine Le Monde 13-12-2025 (1).
Face à un surplus temporaire d’électricité, certains ont la tentation de stopper le déploiement de l’éolien et du solaire. Ce serait une lourde erreur qui nous mettrait dans une grande situation de faiblesse devant la fin programmée des réacteurs nucléaires existants, et la très grande difficulté d’en construire de nouveaux à des conditions de prix acceptables.
Mieux vaudrait-il mettre quelques réacteurs nucléaires sous cocon, et garder l’option de les redémarrer dans quelques années si le besoin s’en fait sentir. Cela permettrait de gérer plus en soulesse la « falaise de déconstruction » qu’une prolongation à 50 ou même 60 ans de fonctionnement, si elle est possible, ne fait que repousser.
Voir notre tribune (avec Clément Bayard, André Joffre, Antoine Bonduelle et Stéphane His) sur le site des Echos du 13 octobre 2025.
« Mettre les réacteurs nucléaires sous cocon, cette option méconnue à explorer d’urgence » _
Certains auteurs affirment que la transition énergétique est vouée à l’échec en raison de la rareté des métaux et de l’augmentation des coûts énergétiques de l’extraction. À mesure que les teneurs en minerai diminuent, l’exploitation minière nécessiterait davantage de combustibles fossiles, ce qui entraînerait une augmentation des émissions de gaz à effet de serre susceptible de compromettre les efforts de décarbonation. En outre, ils avertissent que l’expansion des opérations minières peut entraîner une consommation accrue d’eau douce, une production de déchets plus élevée et une dégradation inacceptable de l’environnement.
Un examen plus approfondi de l’exploration et de l’exploitation minières suggère toutefois que ces préoccupations sont sans doute exagérées. Les progrès de la technologie minière ont permis l’extraction efficace de gisements à faible teneur sans augmentation majeure de la consommation d’énergie. Comme l’illustre le cas du cuivre, les réserves et les ressources minérales n’ont cessé d’augmenter au fil du temps. Si l’exploitation minière a des incidences sur l’environnement, sa contribution à l’utilisation des sols, à la consommation d’eau et à la perte de biodiversité reste relativement faible. Les coûts des métaux ont augmenté mais sont restés largement abordables.
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Tadaaa! Climat, Les énergies de l’espoir, sortira en librairie le 16 octobre prochain, dans un mois tout juste.
J’y explique l’imminence de la réduction des émissions mondiales de CO2 grâce au déploiement accéléré de l’éolien et du solaire. Le potentiel de l’électrification pour chasser les énergies fossilles des bâtiments, des usines et des transports. J’y traite des secteurs plus difficiles à décarboner, le ciment, les avions, certaines émissions de l’agriculture. Je discute de la sobriété – et comment le thème de la décroissance dresse les populations contre le changement et en fait des proies pour les populismes.
Qu’elles viennent des défenseurs des énergies fossiles, des partisans de la décroissance ou des fanatiques du nucléaires, les remises en cause de la transition énergétique n’ont d’autre effet que de la retarder davantage et d’accroître les dangers du dérèglement climatique.
N’importe quel libraire pourra vous le procurer rapidement, pour la modique somme de 20 euros.
La part des énergies renouvelables dans l’énergie finale consommée dans l’UE avait doublé depuis le début des années 2000, dépassant légèrement 20 % en 2021. Le changement était largement tiré par le secteur de la production d’électricité : les énergies fossiles fournissaient un peu plus de la moitié de l’électricité jusqu’en 2009, le nucléaire presque un tiers à son pic de 2002, l’hydroélectr
icité le reste. En 2021, le nucléaire était descendu au quart, et les énergies renouvelables faisaient jeu égal avec les fossiles, les unes et les autres à 37 %.
Cette carte affiche en rouge les quelques pays qui pourraient avoir du mal à satisfaire leur demande d’énergie seulement à partir de leur propre ressources renouvelables, conrairement à celles qui sont en bleu. Et plus ce bleu est foncé, plus les possibilités d’exportations sont grandes – voir texte.
Je reproduis ici mon éditorial du Journal de l’Eolien n°57, publié en mars 2025.
Cette fois c’est officiel : notre bon vieux système « heures pleines/heures creuses » va être enfin
réformé. La Commission de régulation de l’énergie l’a annoncé : entre novembre 2025 et décembre 2027 – hâtons-nous lentement – des millions de consommateurs verront apparaître trois heures creuses en milieu de journée, et leurs huit heures creuses de nuit réduites à cinq. D’autres, qui ont déjà des heures creuses de jour, mais pas au bon moment, les verront déplacées vers le milieu de la journée 1. Cette mini-réforme sera pour beaucoup le signal tangible que quelque chose a changé dans la production d’électricité : une contribution croissante de l’énergie… photovoltaïque, surtout forte en milieu de journée… « Mais dis donc, Coco, tu te trompes de journal, me direz-vous. Ici, c’est le Journal de l’éolien ! Qu’a à voir cette réforme avec l’éolien ? » C’est justement là que je veux en venir. Pour intégrer davantage d’éolien, les recettes ne sont pas les mêmes que pour intégrer davantage de solaire. Parce que la variabilité est différente. Celle du solaire est à l’échelle de la journée. Le jour il fait soleil, la nuit non. Les heures creuses de jour, c’est pour absorber plus de solaire.
Peut-on comme Jean-Baptiste Fressoz affirmer que «la transition énergétique n’aura pas lieu» car cela ne s’est pas produit dans le passé ? Non. Pour le chercheur Cédric Philibert, la décarbonation des énergies progresse et assure l’essentiel pour réduire nos émissions.
Ci-dessous, ma tribune que Libération a publiée sur son site le 15 janvier, en réponse à la recension du récent livre de JB Fressoz publiée le 10 janvier par le même quotidien.
Dans son nouveau livre au titre explicite, Sans transition. Une nouvelle histoire de l’énergie, Jean-Baptiste Fressoz ne se contente pas de son rôle d’historien. Il se fait aussi prophète de malheur, comme l’affirme sans ambages le bandeau qui entoure l’ouvrage : «La transition énergétique n’aura pas lieu.» Libération le synthétise ainsi : «A chaque fois qu’une nouvelle source d’énergie apparaît, elle ferait augmenter l’usage de celles déjà existantes, selon l’historien Jean-Baptiste Fressoz, et rendrait la décarbonation impossible. Laissant la sobriété seule solution viable.» Continuer la lecture